Si lhumanité devait disparaître, il resterait sans aucun doute la dureté des marbres de Jean ESCAFFRE dans lesquels il a inscrit lessentiel.
Il y a la lumière dans des «bornes lumineuses» comme autant détoiles dune galaxie alimentée par Fée Electricité, une façon moderne de célébrer le progrès humain mais nous retenons aussi la lumière naturelle, intemporelle, presque originelle de «lumière dAsie», taillée dans léconomie du signe, la transcendance du nombre, le rapport constant de la circonférence du cercle à son diamètre. Dans ce travail dalliance des cultures, le sculpteur donne à la raison de lOccident,
lintériorité et la puissance méditative de lOrient, un appel à luniversalité des cultures.
Dans cette observation galactique, nous sommes appelés par la courbe de «douceur pyrénéenne» qui semble alimenter le chant des fontaines, sur lesquelles on sinterroge : fontaine cosmique, fontaine de sang, de sacrifices antiques ou fontaine où se retrouvent, dans loffrande de la ronde des curs, les mains nouées des amoureux.
Ce chant de leau trouve t-il sa source dans la simplicité des rivières du Pays Basque ? Ou plus universellement nous offre la plénitude cosmique ? «le cycle de leau», du ciel à la terre, leau glisse des nuages jusquaux piliers du temple et découvre la magie des prairies dans les veines de marbre vert. Cette uvre rappelle la patience du labeur achevé de lhomme et de dieu, la totalité de lexpérience de nature et de culture qui fait la grandeur des civilisations humaines.
Cest ce creuset de culture que nous offre Jean ESCAFFRE, avec les inventions humaines de la science «Hypoténuse» comme les créations de lart «Jazz et Java».
Alors si lhumanité devait disparaître, le survivant ou lextra-terrestre sinterrogerait sur les causes de ce désastre, peut-être pourrait-il trouver un début dexplication dans «la valse du dollar» et sil lui venait lidée de manipuler «larche de liberté», il découvrirait que les noces étranges de la barbarie et du dollar ont eu raison de cette planète.
Nicole BARRIÈRE Poète
Paris le 07/06/2002